Articles de la catégorie ‘Penser’

Le Boulot

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Angel – Plains – George Winston

Etudiant j’ai fait des petits boulots en Juillet pour gagner un peu d’argent. Je pense que c’était une idée de mes parents pour me mettre du plomb dans le crane, un mois avec des ouvriers à faire un job pourri ça va le motiver pour l’année prochaine.

Effectivement j’en ai fait des choses étranges ces étés-là :

  • Casser un murs de pierre à Cassis à la masse en se faisant engueuler par un patron de garage qui voulait que ça aille plus vite
  • Ranger des paquets de couches-culottes à la Ciotat dans des cartons pendant 8 heures de rang, la nuit, dans une usine, tout le monde abruti par le bruit
  • Monter des structures de chapiteau en équilibre sous un orage d’apocalypse à 10 mètres au-dessus du sol en rigolant nerveusement, à Aubagne
  • Changer tous les matelas d’un hôtel de passe derrière le Vieux Port à Marseille
  • Tomber dans les pommes en assemblant des frigos industriels à Allauch

Tout çà entouré d’échoués de la vie, des mecs sans âge mais tous plus vieux que moi, sans vie de famille, qui buvaient et fumaient, j’avais vraiment l’impression d’être dans un roman de John Fante.  Quand je donnais mon pedigree, les gars souriaient dans leurs moustaches en douce. « Étudiant à La Fac de Maths tu dis ? », je les imaginais déjà s’arrêtant au bord d’un chemin pour me poinçonner par pur jeu, histoire de voir la couleur du sang d’un mec qui fait de la géométrie non-euclidienne.

Aujourd’hui je fais tous le jours le même boulot : Ordi du matin au soir, réunion avec des gens qui me disent à quel point ils ont besoin de CE rapport (je ne me rends pas compte, c’est vital pour le « groupe »‘), rédaction d’un génial document qui décrit ce satané rapport à développer, puis envoi de ce merveilleux roman à un inconnu indien ou pakistanais qui se charge de le développer, puis test de cette petite merveille de rapport, puis validation avec le client que la merveille des merveilles fait bien ce qu’ils attendaient, puis je coche dans une liste d’activités : « ça, c’est fait ». Ad lib…

Pendant ce temps, un pote est tailleur de pierre et restaure des églises romanes autour d’Arles, un autre est skipper, un autre produit des films. Mais pour ces 3 là, combien font sensiblement comme moi, se débattre dans une toile de minuscules emmerdements dégoutants et insipides.

Ah le Boulot ! Si au moins j’avais compris mes parents, j’aurai vu que c’était une leçon tout ça, les matelas sur le vieux-port et le mur de pierre à la masse, les alcoolos et l’odeur de cigarette brune dans le camion du retour. Je m’y serai mis dés la rentrée, comme un fou, être un winner, réussir, le meilleur. « Si t’avais travaillé… » c’est la phrase qui a gaché ma vie.

Moi je les trouvais sympas ces mecs.

Quand: 12 novembre 2009
Catégorie: Penser, Se souvenir
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Identité

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J’ai trouvé que cette affiche de Mai 68 allait très bien avec cette formidable idée du Ministre de l’immigration et de l’identité nationale de lancer un débat sur l’identité nationale.

Au passage, écrire « Ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale », c’est vraiment bien, c’est long, on a le temps d’y penser en l’écrivant. Et encore j’ai oublié « intégration », c’est bizarre mais tout le monde l’oublie ce terme-là quand on parle de ce ministère.

Pour revenir aux affiches de Mai 68, voici celles qui m’ont le plus emballé : celle-là, celle-là et celle-là. Pas trop vieilli, je trouve, non ?

Quand: 27 octobre 2009
Catégorie: Penser
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Poussière de craie

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Jeudi dernier j’ai eu la chance de pouvoir aller chercher mon fils de 4 ans pour son dernier jour d’école. On salue la maitresse un peu plus que d’habitude, on la remercie. J’ai toujours du mal à trouver les mots dans ce situations-là, mais je me force à vaincre ma timidité et ma gêne ridicule. Oui je tiens à la remercier, elle n’a pas été « gentille », pas copine avec lui, mais une vraie maitresse, un peu raide et parfois douce.

La cour est vide, encore des voix qui discutent dans les couloirs. Les dames de ménage qui font leur travail avec un entrain presque ridicule pour masquer le vertige de la fin de l’année.

Elle, la maitresse, elle part à la retraite, elle a l’air un peu dans le vague. Nous sommes seuls, mon fils, elle et moi, dans le silence ensoleillé et entouré de cette odeur de vacances. J’aime partager avec elle sans la connaître ce dernier moment en classe, me dire que mon fils est le dernier petit qu’elle va voir partir avec son papa de sa classe. Mon fils me tire vers la sortie, moi je l’observe, elle, qui regarde une dernière fois la classe, sa classe, comme un dernier très long regard à son métier.

Je me fais sûrement un film, elle a dû faire le deuil de cette vie-là depuis longtemps, elle s’y est préprarée pendant des mois. Les craies, les prénoms, les lettres rondes, la patience, le calme studieux et les cris. Je suis touché car mes grands-parents étaient instituteurs, ma mère a été prof de français. A l’école j’ai toujours l’impression d’être dans ma famille.

Je la sens sur le fil, elle embrasse mon fils, ça ne lui ressemble pas vraiment, nous sommes un peu de trop pour son émotion, on doit partir maintenant.

L’école nous recrache, on est sur le trottoir, ça y est, c’est les vacances. J’aimerai regoûter à la sensation que mon fils ressent peut-être à ce moment précis.

On marche un moment vers la maison en blaguant, et merde avec mes émotions à la con on a oublié sa veste sur son porte-manteau dans le couloir.

Vite, on repart vers l’école. C’est encore ouvert. Il court vers le couloir. Moi, debout dans l’entrée, dans l’ombre, sans le vouloir, je la vois pleurer assise sur une chaise d’enfant.

Mon fils arrive, je referme la porte en sortant.

Quand: 6 juillet 2009
Catégorie: Penser
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La lutte

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14h00 : Meeting syndical improvisé à l’entrée du bâtiment d’Arcelor Dunkerque où je suis en mission.
80% des internes sont dehors et écoutent un représentant CGT qui explique pourquoi il lui semble que les dispositions de travail partiel prises par la direction sont injustes. Je vois ça de ma baie vitrée qui donne au-dessus sur la cour d’entrée.

Pour la 1° fois depuis 10 ans que je travaille, sous mes yeux, je vois des informaticiens rassemblés pour parler de leurs conditions de travail.

Commentaire de mon voisin d’open-space : « ça m’énerve tous ces gens qui pensent que le travail est un dû ».

L’avenir du syndicalisme est sombre.

Quand: 14 mai 2009
Catégorie: Penser
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Cinéma Muet

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Aujourd’hui, sur le périphérique lillois, je double une voiture, au volant un papa de mon âge, et assis à l’avant à coté de lui, son fils de 10 ans.

L’un conduit, et l’autre écoute un walkman en dodelinant de la tronche.

On dirait que ça n’a pas l’air de les déranger plus que ça de ne pas se parler, de bon matin.

Je les dépasse en faisant des grands gestes mais je me rends compte qu’il n’est pas évident de mimer « Mon pauvre ami ton fils a 10 ans et au lieu de lui parler tu le laisses écouter son walkman sans rien dire, ça me semble complétement délirant de se comporter de la sorte avec lui, puisse ta cervelle éclater sous la puissance du courroux divin que  tu mériterais de manger dans ta face bouffi par la bière tiéde et les frites molles ».

Pour faire court je passe en bougeant lentement ma tête de droite à gauche et en pincant les lévres, avec ce regard qu’on peut avoir quand l’avant-centre de ton équipe vient de rater le dernier pénalty qui t’élimine de la Coupe de France.

Vu la tronche interloqué du père quand je suis passé, pas certain qu’il est bien compris mon message.

Quand: 30 mars 2009
Catégorie: Penser
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Pulsion de vie

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Au Flunch le midi j’observe les gens, hier j’ai vu une dame faire tourner un pendule au-dessus de son steack frites, elle le regardait tourner comme on prend un cachet ayant un mauvais goût, avec le sentiment du devoir accompli, une routine comme une autre. Les gens passent, tout le monde fait le blasé, mais moi je vois bien que ça leur troue le cul.

Au resto japonais la semaine dernière, le serveur m’apporte des makis (les machins ronds avec l’algue noire autour). Le couple à ma droite :

- chérie, mais c’est quoi ce qu’il a pris ?

- ben ça, tu vois : c’est des feuilles de vigne

Je raconte le scénario de « La Clef » (avec Guillaume Canet, un super film) à un mec et je finis par :

- Ce qui est terrible c’est qu’il a une vie comme toi et moi alors quand toutes ces emmerdes lui tombent sur le coin de la gueule, forcément tu te mets à sa place et tu te demandes comment tu réagirais dans ce cas-là

et lui :

- Tu vois , c’est toute la différence entre toi et moi : Toi tu vois un film comme ça et tu te dis que ça pourrait t’arriver alors que moi, je SAIS que c’est un film et que ça ne m’arrivera jamais.

Quand: 25 mars 2009
Catégorie: Penser, Rire
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Christelle Bonnet

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J’aime bien les oeuvres comme ça.

Quand: 4 mars 2009
Catégorie: Admirer, Penser
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C'est le Nord

Le Nord, depuis 4 ans. Les dimanches du Nord, la lenteur des nuages, le temps qui se mélange avec la géographie, monotones.

Un excellent texte trouvé ici

Et puis Jacques Dourlent, LE peintre du Nord

Quand: 5 février 2009
Catégorie: Admirer, Penser
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Gaza

Je n’arrive pas du tout à écrire sur ce sujet, trop peur d’écrire des bétises.

Mais malgré cette peur de ne pas avoir toutes les variables du problème en main pour oser donner mon avis, il me semble tout de même impensable de laisser passer ce que je lis tous les jours sans vous en faire part.

Voilà juste un lien , parmi tant d’autres.

Nous sommes en 2009, et on en est là.

Comme au premier temps, la force érigée en loi.

Quand: 15 janvier 2009
Catégorie: Penser
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Libfly ou comment se faire des amis par les livres

J’ai toujours aimé fouiller dans les bouquins de mes amis quand je vais chez eux. C’est une activité instructive, qui aiguise ma curiosité, qui me rend jaloux parfois, pantois aussi de temps en temps.

Je viens de découvrir et de m’inscrire aussitôt sur le site libfly.com

Grâce à ce site, je vais pouvoir fouiller dans les bouquins de mon quartier tout entier, me faire des copains peut-être, échanger avec des inconnus sur des livres que je voulais lire et qu’ils me conseilleront.

En cinq lettre : B.R.A.V.O !

Mon identifiant sur libfly si ça vous tente : rasbaille (comment vous aviez deviné ?)

Quand: 13 janvier 2009
Catégorie: Penser, Surfer
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