La lutte
14h00 : Meeting syndical improvisé à l’entrée du bâtiment d’Arcelor Dunkerque où je suis en mission.
80% des internes sont dehors et écoutent un représentant CGT qui explique pourquoi il lui semble que les dispositions de travail partiel prises par la direction sont injustes. Je vois ça de ma baie vitrée qui donne au-dessus sur la cour d’entrée.
Pour la 1° fois depuis 10 ans que je travaille, sous mes yeux, je vois des informaticiens rassemblés pour parler de leurs conditions de travail.
Commentaire de mon voisin d’open-space : « ça m’énerve tous ces gens qui pensent que le travail est un dû ».
L’avenir du syndicalisme est sombre.
Si je suis resté à travers tout révolté, lucide, éveillé, allergique au fric gagné au mépris de tout, c’est parce que j’ai toujours pensé à échapper au monotone laborieux de tous les jours. Que je ne suis jamais entré dans un bureau sans me demander comment m’en échapper. Que j’ai toujours refusé des boulots rentables, mais accaparants, au profit de travaux minables, mais peu obsédants. Parce que j’ai refusé toute forme de responsabilité dans le travail. Parce que j’ai toujours considéré mes patrons, même les plus humains – les paternalistes, les pires – comme des exploiteurs professionnels et des gardiens de taule à contrer. Et aussi et surtout, parce que le superflu m’a toujours paru le sel de la vie et que seuls les charmes de l’inutile peuvent vous aider à supporter les horreurs de l’indispensable quotidien.
Jacques Sterngerg – Vivre en survivant- , p.13, Éd. Tchou)
Le travail, ou plutôt mettre un toit sur sa tête, mettre à manger dans son assieste.
le travail, juste s’adonner à sa passion.
Le travail qui est souvent lié à l’exploitant et à l’exploité, au patron et au salarié.
Le travail qui est à l’échelle d’un pays le P.I.B.
Comment imaginer qu’à la fin d mois un « patron » vous dise : désolé ce mois ci vous avez couter plus cher que vous avez rapporté donc vous me devez de l’argent.
Comment imaginer qu’une entreprise ne gagne pas d’argent et puisse continuer à exister.
Chez nous, à la maison tranquillement avant de nous mettre à table pour manger, il faut que quelqu’un (quelque uns, quelque une, quelque unes) est réuni ce qu’il faut, préparer des plats.
la famille se mat à table et tout le monde mange la part qu’il faut pour ne plus avoir faim.
Et si on faisait pareil pour le travail, si tout le monde travaillait dans le même sens et si chacun avait la part qui lui revient.
Ce système existe, il est défini non pas dans le code du commerce mais dans le code du travail en un sigle SCOP : Société Coopérative Ouvrière.
Le principe est très simple, chaque salarié est sociétaire, le capital n’est pas rémunéré, un homme une voix et personne ne peux avoir plus de 50% des parts.
C’est le revenu du travail qui est réparti et la encore a part égale quelque soit la part de capital, de salaire ou de responsabilité.
En général, le résultat est reparti suivant la règle des tiers (oui oui ça n’est pas une idée nouvelle).
Le seul problème est que le patronat voit d’un très mauvais œil que des salariés deviennent « patron » et les syndicat voient d’un très mauvais œil que les salariés payent pour travailler
Peut être aussi parce que les uns et les autres (syndicats et patrons) y perdraient leur pouvoir.
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